mercredi 24 octobre 2012

Une interview de Patrick



Pour en savoir plus sur les paniers de Sciences Potiron, nous avons interrogé celui qui sait : Patrick. Vous pouvez dès maintenant lire son interview sur la page Sciences Potiron ! 

lundi 8 octobre 2012

Pourquoi Sciences Potiron ?



 Pour inaugurer le blog de PAVéS, il m’a semblé intéressant de questionner le projet le plus important de l’association, Sciences Potiron, et de s’interroger plus généralement sur la vocation des A.M.A.P. et autres « circuits courts », leur rôle, leur utilité sociale et écologique. En bref, prendre un peu de recul, au-delà de nos retrouvailles hebdomadaires fort sympathiques autour des cagettes de Patrick, et voir quel sens on avait envie de donner à notre projet d’A.M.A.P. étudiante, dans quelle mouvement collectif elle s’inscrivait.

L’idée m’est venue en lisant deux articles sur le site La Vie des Idees (www.laviedesidees.fr ), traitant du côté utopique (ou pas !) des A.M.A.P. et autres formes d’initiatives, comme la vente directe sur le lieu de production, les jardins partagés, … 1

Une première question importante : à qui s’adresse-t-on quand on crée une A.M.A.P. ? En effet, le profil social des adhérents est relativement homogène, et l’idée d’avoir une A.M.A.P. réservée aux bobos que nous sommes me pose problème. Le bio, le local, c’est aussi un enjeu démocratique d’équité sociale, une alternative qui ne doit pas être réservée aux plus aisés. Comment y parvenir ?

De même, ce n’est pas que pour notre santé, pour l’image « écolo » que l’on s’engage dans une AMAP, mais parce que cela représente une expérience alternative à l’agribusiness et les circuits de production et de consommation habituels Sinon, autant aller au rayon bio de Monoprix !

.Et oui, même si ça paraît loin, couper ses tranches de potimarron dans la cour du 56 rue des saints pères, c’est une forme d'engagement politique, de contestation citoyenne, on est en plein dans le « processus de requalification des consommateurs » évoqué par François Jarrige dans son article2. Autrement dit, nous sommes des consomacteurs, des urbains décidés à se réapproprier l’espace public, et à réintroduire la campagne sur les Pavés.



Contrairement à ce qui est écrit dans l'article d' André Fleury et Roland Vidal paru sous le titre « L’autosuffisance agricole des villes, une vaine utopie ? »3, il ne faut pas limiter notre action à sa fonction « pédagogique », à sa dimension culturelle de rénovation des liens entre la ville et la campagne.

Certes, les auteurs proposent une réflexion intéressante sur l’autosuffisance alimentaire, mais ont tendance à caricaturer la vocation et les objectifs des AMAP et autres circuits courts, à les réduire à leur rôle de production d’aménités sociales et environnementales. Il me semble pourtant que des projets comme Sciences Potiron ne sont pas qu'un simple service, mais bel et bien une tentative d'alternative marchande solidaire et écologique !

Un point intéressant est cependant soulevé par l'article, qui révèle que « la consommation d'énergie nécessaire à la fourniture des denrées alimentaires ne provient que pour une faible part de leur transport ». Même si ce n'est pas forcément évident, produire des tomates à Londres consomme plus d’énergie que produire des tomates en Espagne et les importer en Angleterre. Est-ce qu’on arrête là la réflexion, et qu’on se dit qu'il faut manger des tomates d’Espagne si c’est mieux comme ça ? Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de la logique, c'est à dire manger non seulement local, mais aussi des produits de saison, adaptés à l’endroit où l’on vit ?

Est-il vraiment « préférable, économiquement et écologiquement, de produire ailleurs, tout en recherchant l’équilibre optimal entre le coût de la production et celui du transport » ? On raisonne alors dans un modèle où le coût de la mobilité est bas, ce qui ne devrait pas durer. Et c’est aussi accepter ce qui n'est pas souhaitable : manger des fraises en hiver, des oranges du Maroc en Ecosse, des mangues d'Indonésie à Paris.



Par ailleurs, au sujet de l’autosuffisance alimentaire comme but à poursuivre des A.M.A.P., il est certain que le tout Paris ne sera jamais nourri avec uniquement des circuits courts. Là n'est pas notre intention, notre action a d'abord une importance symbolique, celle de rechercher des alternatives, mêmes de petite taille, pour retrouver notre rôle d'acteur, de citoyen maître de ses choix.

Ce n'est pas seulement pour satisfaire le « besoin de nature » des citadins que les circuits courts existent, et nous ne sommes pas nécessairement des idéalistes rêvant avec nostalgie d'une agriculture d'antan fantasmée, faite de petites fermes familiales.

Faire essaimer les A.M.A.P., ce n'est pas revenir en arrière, à la recherche d'un monde agricole idéal qui n'a jamais existé -la vie aux champs n'est pas simple !-, et refuser d'affronter la réalité. Simplement, on doit avoir le droit de refuser d' « accepter la réalité économique et écologique de l'agriculture », se laisser la possibilité de la réinventer, même à toute petite échelle. Qu'est-ce que la réalité, n'est-pas à nous au final de choisir ce qui réel, ce qui est utopiste ? Repenser la relation entre la ville et le monde agricole, ce n’est pas une question de nostalgie, mais bien un problème pratique qui se pose à l'heure actuelle, et qu'il appartient à tous de résoudre, à sa manière.

Alors, certes, notre petite AMAP du lundi soir n'est pas la panacée, et nous sommes loin d'une utopie à grande échelle. Mais, bien enracinés dans le réel, c'est une petite victoire de voir plus de 100 paniers partir chaque semaine. Toutes les initiatives de jardins partagés, de Wwoofing, d'A.M.A.P., etc., ne sont pas de vaines tentatives, sans grand impact. En plus de faire un travail sur les représentations, les modes de pensée, c'est aussi un changements sur les modes de vie qui s'opère, progressivement, et c'est déjà un premier pas !



Tiphaine pour PAVéS

jeudi 4 octobre 2012

Envie de CAFéS ?

Un  mystérieux chalet va bientôt faire son apparition au 28 Rue des Saints-Pères...

De quoi s'agit-il?



Afin de répondre à un réel besoin des étudiants de SciencesPo de bénéficier d'un nouvel espace de partage, SciencesPo Environnement et PAVéS mettent la main à la pâte et préparent l'ouverture d'une Cafet' autogérée par et pour les élèves. 



Les étudiants pourront profiter de boissons et de produits chauds et froids issus du commerce équitable et de l'agriculture biologique, dans un espace chaleureux et alternatif, et à des prix attrayants.



L'ouverture est prochaine, mais nous avons besoin de vous pour permettre à ce lieu d'exister!

Vous voulez participer au projet ou vous inscrire pour tenir une permanence? 

Contactez-nous au plus vite!

Référent PAVéS: Laurène PETIT / laurene.petit@sciences-po.org
Référent SPEnvironnement: Elleore BOMSTEIN / elleore.bomstein@sciences-po.org