Sciences Potirons


 


Sciences Potirons est l'un des projets portés par PAVéS. Suivant le mode de fonctionnement des AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne), il consiste en une distribution de fruits et légumes hebdomadaire. Les gourmands s'inscrivent pour un cycle en le payant d'avance, et s'impliquent dans la distribution.


Le mail du dimanche soir 

Le mail du dimanche soir, c'est aussi des bons plans, des actus et des infos sur l'agriculture, l'alimentation, et les alternatives aux modes de consommation actuels, qui nous semblent à bout de souffle !
  
Revoir les mails du Premier Cycle (Automne 2016) : 

[Mail du Dimanche Soir #1] Ton panier, c'est demain au 28 ! 
[Mail du Dimanche Soir #2] Et près de mille tomates plus tard...
[Mail du Dimanche Soir #3] Le retour du fenouil 
[Mail du Dimanche Soir #4] On va pas en faire tout un yaourt
[Mail du Dimanche Soir #5] Histoires de steack & miel du lundi soir 
[Mail du Dimanche Soir #6] OYEZ OYEZ, pour se réinscrire, c'est demain !
  

Les inscriptions

Pour être ajouté à la newsletter et ne pas manquer les inscriptions au début de chaque cycle, écrivez nous, ou suivez-nous sur Facebook !

Exemple du panier complet du 1er octobre, photo de Mara.



Le fonctionnement
Les distributions ont lieu tous les lundis dans la cour du 28, rue des Saints-Pères, entre 18h et 20h. Pensez bien à prendre votre sac à provisions et à vous assurer que votre nom a bien été coché sur la liste !

Les permanences
L'idée dans Sciences Potirons, ce n'est pas juste d'"acheter" des légumes. Nous envisageons l'alimentation différemment, en consommant des produits locaux, en nous approvisionnant auprès d'un agriculteur avec qui nous pouvons échanger, discuter. Dans cet esprit vient la notion de permanence. 
Chaque semaine, deux personnes de 18h à 19h puis deux personnes de 19h à 20h seront donc chargées de faire signer la liste d’émargement et de veiller au bon déroulement de la distribution.


 
Les absences 
Si vous êtes absent pour une distribution, pensez à nous prévenir à l'avance. Il ne nous est pas possible de "sauver" vos paniers, nous les laisserons donc à Sciences Po, sans surveillance... La meilleure solution reste de déléguer quelqu'un pour récupérer votre panier !


 
Patrick : une petite interview





Patrick, qui arbore un t-shirt «Paysan et fier de l’être»,  nous explique le voyage de nos fruits et légumes préférés depuis l’exploitation de Rambouillet jusqu’à la cour du 56, tous les lundis soirs.


Comment es-tu rentré en contact avec les étudiants de Sciences Po ?


Tout a commencé avec l’INA P-G et des étudiants m’ont contacté après m’avoir rencontré sur un petit marché. C’est d’eux que vient l’idée d’origine du panier, de son prix et de sa composition. Ensuite, tout est affaire de réseaux : une étudiante de l’ENS qui suivait des cours a l’INA P-G a monté le projet à l’ENS ; de l’ENS, Sarah, qui étudiait aussi à Sciences Po, en a parlé à PAVéS qui terminait son partenariat avec un autre agriculteur. Des membres de PAVéS sont venus voir comment on fonctionnait à l’ENS, et c’est comme ça qu’on est partis.


La vente de paniers est-elle suffisante pour faire vivre un agriculteur ?


Nous, on livre plusieurs sites (Sciences Po, l’ENS, l’Institut de Géographie, l’INA P-G, Labo 13) et on organise aussi des ventes directes sur l’exploitation, toutes les semaines. Ces deux activités permettent de générer 4 Equivalent Temps Plein, ce qui signifie qu’au total en une année, c’est comme si je payais 4 salaires. En réalité, seuls ma femme et moi nous travaillons à temps plein, et nous employons des personnes pour nous aider, régulièrement ou en saison. Heureusement, les moments de rush sur l’exploitation correspondent à des périodes plus calmes au niveau de la livraison de paniers (juin/juillet/août), ce qui me permet de passer de la commercialisation à l’exploitation.


Les livraisons, comment ça s’organise ?


L’objectif, c’était de centraliser les livraisons sur les lundi et mardi, pour grouper en 2 camions pleins et limiter les déplacements depuis Rambouillet (entre 45mn et 1h30 de trajet en fonction du trafic). Parfois, quand je suis pris dans les embouteillages, ça a un impact considérable sur la rentabilité des paniers. En fait, ça coûte presque aussi cher de livrer les paniers que de faire de la vente directe. Si d’un côté, on passe du temps avec les clients pour les conseiller et les servir, de l’autre, il faut préparer tous les paniers - et même en comptant 3mn30 par panier, pour en faire 200, ça prend du temps! - , les distribuer, prendre en compte le coût de fonctionnement du camion, etc. Sur un panier de 10€, 2,50€ à 3€ sont consacrés au financement de la distribution et du conditionnement.
Pour bien préparer les distributions, il faut être rigoureux, organisé. On commence à les préparer le dimanche soir, on fait l’inventaire de ce qu’on peut mettre, de ce qu’on a de déjà récolté, de ce que l’on doit récolter le lendemain. On prépare de grandes tables avec les paniers alignés. Le lundi matin commence assez tôt d’habitude, on termine rarement de charger le camion avant 12h30-13h. Et il faut être à Paris à 15h30 pour la première livraison.

Pour produire tout ces délicieux fruits et légumes, elle est comment, l’exploitation ?

Elle fait 2ha, plus 7 500 m2 de serres froides, c’est à dire sans chauffage, qui servent juste d’abris pour les plantations. Il y a environ 70 variétés sur le site, avec une majorité de légumes. Sous les serres, il y a 40 variétés différentes de tomates, poivrons, aubergines, courgettes, épinard, mâche, salade, fraises, haricots verts, certaines blettes. On produit 12 variétés de salades, 6 de chou-fleur, 7 de tomates. Parfois, le consommateur ne le voit pas, tout simplement parce que ça dépend des propriétés de chaque variété. Par exemple, la feuille de chêne: pour en avoir une au printemps, une à l’été et une à l’automne, il faut en cultiver 3 variétés, car elles ne supportent pas toutes les mêmes variations de climat.

Quel intérêt d’avoir autant de variétés, mis à part celui de s’adapter aux besoins de chaque plante ?

Souvent, c’est pour me faire plaisir, c’est important aussi ! Et puis parfois, c’est pour  essayer, voir si une variété s’adapte, si elle plaît au client. C’est aussi pour avoir de la diversité en permanence. On a une multitude de cultures, qui tournent en permanence, ça permet d’avoir des paniers variés.

Et ces paniers alors, ils sont Bio ou pas ?

Oui, ils sont Bio. On ne peut pas encore utiliser le label pour tous les fruits et légumes, car on est encore en transition - la moitié de la surface est complètement Bio, l’autre est en passe de le devenir. Mais ça prend du temps : 2 ans, plus le temps de croissance, puisque les plantes produits doivent pousser dans une terre Bio pour porter le label. Certains le sont déjà, comme les fraises par exemple.

En parlant de fruits, tu en produis beaucoup ?

Sur toute l’exploitation, il y a  800m2 de fraisiers sous serre qui sont plantés pour 2 ans et qui sont recoltés pendant 2 saisons. Nous renouvelons la moitié de la surface chaque année pour avoir une production linéaire. Ca peut avoir l’air d’une petite surface, mais c’est assez lourd en temps de travail.

Comment peut-on avoir autant de fruits alors ?  

Les pommes et les poires sont celles d’un agriculteur du Loiret qui fait de l’agriculture raisonnée. Dans notre cahier des charges du début, l’idée était d’avoir un panier à 10€ avec un maximum de fruits et légumes Bio dedans. Mais vu le prix au kilo des pommes et poires Bio, il valait mieux faire comme ça, ou alors le panier aurait été très léger en quantité.  

Comment se passe la collaboration avec d’autres producteurs concrètement ?

Je sais à peu près de quoi j’ai besoin, je les préviens donc tôt au niveau des quantités et des dates. On convient d’un prix pour que chacun gagne sa vie convenablement et on s’y tient jusqu’à la fin de l’année. Pour le transport, on utilise le réseau logistique qui existe déjà pour desservir l’Ile de France, dont Rungis. Les camions sont réfrigérés, ils font du groupage et du dégroupage. Des navettes récupèrent des marchandises sur tout le Maine-et-Loire par exemple, dans plusieurs exploitations. Dès qu’un camion est plein, ils remontent vers la région parisienne. Nos fruits et légumes passent par des centres de dégroupage, à Massy, et de là ils sont acheminés jusqu’à l’exploitation. Les voyages sont optimisés, les marchandises sont livrées rapidement, en une journée habituellement.



1 commentaire:

  1. merci pour cette interview, de quand date t-elle ? Alice du Kdi des Grands Moulins (Labo13)

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